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POÉSIES DIVERSES
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POÈME BRETON
Corps à vendre à corps qui peut
Corps qui dit encore entend
Au jour la nuit à ceux qui roulent
Corps de houle à corps qui du
J’ai traversé bien des frontières
De flots en flots, de ports en ports
J’ai souvent eu envie de toi
Corps qui pense à cœur qui roule
Mais je ne pouvais pas savoir
Qu’océan rime avec reflux
Tant la terre si vagabonde
Sourit de toutes ses entrailles.
Humeurs salées au gré des vents,
Visibles à travers le soleil couchant.
Le ciel aussi a ses humeurs
Couvrant Gaïa du sel de l’eau,
Je pense alors à mes amours
Corps qui dit ! On houle et on tangue,
Et l’eau clapote sous les vents.
Et Jeanne m’emmène voir les sirènes
Sous ses pieds, des orangers,
L’imaginaire alors nous tord les tripes.
Sans doute, là, la nouvelle terre,
S’offrira au gré de bois flottants,
Où je viendrai, ma belle
Fleurir les déserts de toute autre aventure !
Sur la grève et les falaises, ressacs et légendes,
Je ramerai jusqu’à deux mains, rêvant à en mourir.
Marins, paysans, ouvriers,
Poètes, saltimbanques, bleues
Des cimes aux vagues du temps
Au creux de l’eau des caniveaux
S’échappe l’or et trouve-le !
Car corps qui doit est corps qui est.
Ainsi, je vous le dis corps aux
Coraux n’est qu’une pipe au ciel
Ah ! Cœur à vendre à corps qui pu
Corps à vendre à corps qui peut
Corps qui dit encore entend
Au jour la nuit de ceux qui roulent
L’horizon flanqué à l’horizon,
Corps de houle à corps qui dit.
Sel marin, corps sous la casquette
On se raccroche au grand bastingage
Qui tangue et nous emberlificote,
Pour aller où ? Pour y faire Quoi ?
Au prochain port nous mouillerons
Nos corps de sel, nos corps de bois
À cœur perdu ; à cœur rallié.
Corps à vendre à corps qui peut
Corps qui dit encore entend
Au jour la nuit à ceux qui roulent
Corps de houle à corps qui du
Cœur de houle à cœur ouvert,
Et se ferment d’une vieille vague
Les grands Pardons de nos espoirs
De se revoir ! Et puis on meurt tout là dedans,
Pas mort, mais disparu, tant l’infini n’a pas de fin.
Et fend la bise et fend les flots,
Les récifs et le froid, la nuit, se tend sous les voiles,
Le jour se tend sous la fatigue.
Dis-moi, toi qu’on s’aime.
À Quelle heure se lève le jour ?
Mais mon amour le jour n’a pas d’heure pour se lever.
Mais mon amie, la nuit non plus.
Alors dis-moi ce qu’est le jour, mon amie de l’heure présente.
Je te le dirais si tu étais là.
Je suis là, ne vois-tu pas ? Alors, quand se lèvrera la nuit ?
J’aurai le jour à portée de voix,
Si le temps était ravi de voir les feuilles en haut des marbres.
Sur une musique de fontaines, rougir est le cœur de la machine.
Ulyssant l’imaginaire, Pénélope cesse de coudre.
Moi, homme ; toi, femme ; regrets éternels.
Les voix se réveillent dans un petit matin clairet.
Ah ! Entrevoir ! Les choses de la vie !
Sommes-nous contents du temps qui passe et des
lunes ?
La lumière qui descend des cieux de là haut
Rempart de la morale au fond des basses fosses.
Les cieux ont dégueulé leurs soleils du bord des nuages.
Les yeux ont débordé dans des lacs lacrymaux
Leurs trop-pleins de sueur dans des tombes infinies.
Une grotte a suffi pour en faire une offrande
À ce point de non-retour, en voulant la paix,
Nous n’avons qu’un pape, Guru, Ayatollah
Qui prennent les cieux des villes, des champs, comme or
Et territoire de chasse aux pauvres païens.
Et si cela ne suffit pas, il y aura
Encore plus de nucléaire et de pétrole,
Encore plus de taser sous ta jupe rousse
Tu le sais, depuis, celle qui sent le printemps.
ALORS, COMMENT TU M’AIMES ?
Depuis toutes ces années ? — Celles d’aujourd’hui, celles de demain ?
— Enfoui dans un lit défait fait de pétales frais ? dis-moi ce qu’est
le jour.
— Dis-moi ce qu’est la nuit ; tu te rappelles ? Les lunes du ciel si
proches de l’humus !
— Donne-moi ton sang, et je te donnerai mes rêves, alors dis-moi ce
qu’est l’eau.
— l’amour serait-il notre dernière maison, Et après ? La forêt ? Les
loups ?
— Comme les feuilles aiment à s’entremêler, sommes-nous du pur ou de
l’obscur ?
— La condition première de toute vie lorsque Lilith fut remplacée par Eve
? Et qu’Adam reste le même ?
— Dimanche matin ; flâne l’heure qui s’étend au-delà du raisonnable ; s’étire le temps, se tire l’heure.
— Et tu es là ! Immobile devant la porte, et je te vois ; nue comme une
chanson.
— Et l’amour citoyen, camarade ? Qui y pense ? L’amour universel, celui
dont on dit « C’est de l’utopie ! »
— Grave et joyeux, camarade, la vie n’en fait pas un plat ! Ou plutôt si
! L’amour n’est-il pas cannibale ? Tartare ?
— L’amour et le rêve seront les deux mamelles du quotidien !
— Oui, car tes os comme les miens sont de la même fourniture et de la
même envie ! Peau de chagrin !
Peau de roche salée, de quai de gare ; peau d’infini, de lac endormi, peau
si proche parchemin de sable
où si tendre et si chaude, qu’il n’y a que les éoliennes que le soleil
s’y prend ; le long des chemins et des sentiers,
tout au long du long de ton corps, tel un instrument ……………
— Le piano du pauvre, pauvres lunes pourtant si changeantes !
—— Qui peut vendre cela ? Qui peut acheter ? Qui peut compter les
étoiles ?
— l’amour rend pauvre, extrêmement ; car ce n’est pas rentable !
L’amour donne la richesse par l’harmonie ;
— La chanson et l’harmonie ne sont-elles pas propices à toutes
satisfactions ?
— Petites et grandes, ne prends pas froid, fais attention, la nuit est
longue, mon amour…
— Le temps n’y comprend rien ; seules, la lune et le soleil ; là-haut,
loin, des amoureux ! Les voyez-vous ?
— Tu me dis, tu me dis, et je te dis, je te le dis et tu n’entends que le
ronflement du repos.
Après nos longues remontées aussi ravageuses que la vague sur le front des
roches ;
— Le cœur oublieux du passé se prend au jeu du sans issu ; car il n’y a
d’issue que dans la brume, à ceux qui s’aiment.
— Dimanche matin ! Ah qu’il pleuve ou qu’il soleil, nul ne pourra
déloger celles et ceux qui sont enlacés !
— Ta lèvre endormie quelque part où la nuit se meurt, nul ne s’étonne !
Ma main droite dans ta main gauche…
— Nos corps s’apprennent… à rêver… Ensemble… Dans une
paradoxale émotion de tant de chaleur.
— Et encore, quand vient le lever, tu me dis les mots de la nuit, et je
sublime, l’envers et l’endroit.
— Alors bien sûr, pauvre poète, j’écris ton nom sur les murs du
quotidien, je l’écris pour m’en souvenir,
Pour que personne ne puisse me l’ôter, avant longtemps.
— Mais l’amour ne se marchande pas ; L’amour est une raison de vivre,
pour nous.
Il est ce qui sans quoi je ne te connaîtrais pas, par qui sans toi il n’y
aurait pas mes parents.
Et eux aussi, et demain, pareil.
— Bien sûr, en cette époque du retour, quand les temps sont durs,
l’amour est mou !
— Amour, révolution, à Am’our , rêve/olution, il faut faire attention
à ne pas écraser les lézards !
— Chéri chérie, je dois aller au travail. Mais non mais non , restons
tranquilles ! Nous avons mieux à faire…
— Ne vois-tu pas ? — Non. Quoi ? Les nuages qui
s’effilochent………… ………
— J’aime les hommes et je ne les aime pas ; j’aime les femmes et je ne
les aime pas ; qu’est ce que c’est que ce trafic ?
— Mais la liberté ne s’achète pas ; elle se veut ; car si l’amour est
au masculin, la liberté est au féminin ; oui, mais le
Mystère ? Je n’ai pas peur. Le destin ? Le quotidien ? Ah Ah le jour, la
nuit ? La passion ? La fidélité ? La mort ?
La femme ? Au jour l’homme ? Et à la nuit la femme ? La lune ? Le soleil ?
Enfer de la métaphysique !
Loin de nous ces étranges morales qui sauraient définir une fois pour
toutes les ardeurs de la vie !
— Le monde, dans son opacité intellectuelle, ne saurait répondre à mes
attentes.
C’est pourquoi je préfère faire l’amour plutôt que de travailler.
— Je fais l’amour, tout le temps et toujours et que ça !
Mais l’amour était déjà fait quand je suis né.
C’est pourquoi, depuis, je ne sais faire que ce que mes parents ont su
faire,
Et moi je ne fais que des pieds de nez
À tous ceux que ça énerve !
AUX CEUSSES QUI FUMENT LA PIPE
Il y a ceux qui disent et ceux qui font ; pignon sur rue, “pipe
m’as-tu vu”.
Il y a ce qui se dit et ce qui se fait ; c’est la règle du pignon, la
règle de la pipe en bois.
Il y a l’apparence et le fond ; l’échange et le profit,
L’utopie et la peur, le calumet de terre et la pipe en fer.
Il y a ce qu’on est et ce qu’on voudrait qu’il soit, pipe en pipo !
Il y a ce qu’on montre et ce qu’on voudrait montrer, pipe écume de
mer…
Entre ceci et cela, il y a le secret de l’humus ; pipe magique.
Il y a tous les délits des lits de la rivière, pipe à sirènes,
Et tout ce qui tourne autour, tout en tournant tout autour, rapace et
poétique,
Ça évite d’aller trop vite au centre de la vie………… Pipe
ronde.
Cependant, Les jours qui passent et l’absence de nuit ! Ô………
Les nuits qu’on n’oublie pas jusqu’au jour qui repense ; une virgule ?
Pipe coin du feu.
Le temps s’enfuit ; nous aussi ? Fumons la pipe !
Hier, aujourd’hui, demain,
La nuit qui passe
N’a d’égale que le jour qui fuit.
Sacré nom d’une pipe !