LES OUBLIÉS
Je sens comme je sens, la pluie
tombe, s’approche, arrive en ivoire endiablé.
Dans son mental, tiens ! de drôles d’oiseaux qui parlent...
Ceux qui sont souillés, remuent la saleté. Ils traversent le temps, et on
les oublie...
Ces autres oubliés reviennent dans l’anonymat, sans rien montrer de leurs
tentations lugubres.
Ils veulent gérer l’humanité.
Leurs ailes pleines de discordances se cachent devant l’horreur de leurs
visions.
Ils voient tous ceux qui sont. Et qui pour eux ne sont rien...
Ceux-ci manquent de signes de bonté.
Ce parcours opère en moi de l’émoi. Leurs visages m’ont suivi, jusqu’à la
fin...
Parlant sans parler, courant sans courir, allant sans arriver.
Parler, sans agir, c’est abandonner la lutte...
Le temps qui passe ne s’arrêtera
pas....
Il ne nous laisse pas sans fins. L’étude est ouverte...
Je parle aux successeurs, pour les prévenir. J’ai vu, avant que ma
respiration s’éveille, la pensée instinctive se dévoiler à moi; elle me
parle, habillée comme de livres sans lettres ni pensée.
Ce sont eux qui nous conduiront vers les chemins de l’éveil, sans éclairer
les consciences verrouillées.
Je vois, et sens ce que sera cet appel, axé contre la férocité... Il
m’avertit de loin de son dépouillement... Le vent frappe... Il me parle.
S’il n’est injure, dis-moi le fond de tes pensées.
Exhume les mots, le temps presse et nous astreint à communiquer.
Dis-moi, sais-tu ce que j’approuve, ce qui serait une vie de justice sans
qu’il y ait de justiciers ? Heureuse étape ! Sais-tu ? Rire du monde, et de son
silence ! !... Ouvrons les portes, que les aveugles voient... que la mer
s’agite... que cette vision sorte... Qu’elle nous soit donnée !
Car sans cela je meurs. Le temps remplit ton silence, l’espace m’appelle et
s’évanouit.
Les négations occultent la barbarie, perdue dans l’oubli, et mon travail
s’enferme en moi.
Elle est née la parole sans fin...
Celle de la démence, et celle du silence.
Dans l’oubli de tous ! ! Les oubliés ! Ils sont ailleurs... Les liens tissés
dans ta cellule, et ton travail qui se présente en masse...
Ton témoignage est d’une horreur
crédible. Je suis convaincue de la nécessité d’un autre langage, celui de
l’humanité.
Mon corps tu peux le couvrir de fleurs, le conditionner parmi leurs pétales
et l’ensevelir, sur une planète conditionnée.
Là où le langage des hommes me parle, au présent; me disant leurs
allégresses... Sur une planète d’amour.
Mais... ? Ils marchent au pas, comme des soldats. Leur cœur est blessé, ils
sont en bataille et demandent pardon. Je veux que vous le sachiez, un jour
cette bataille sera achevée, c’est mon désir le plus fort.
Inspiré du livre de Ramonède
“Les oubliés”,
témoignage sur les prisons franquistes.
LE MÉPHISTO
Toi... Tu es sombre et te dépeins en rouge.
Sans que je nie ta beauté,
Tu représentes dans la nuit le feeling de tes instincts.
Les bonnes pensées te troublent,
Et dans le monde tu défiles
Vers d’autres créatures agiles.
Tu te représentes en rouge et sublimes la beauté,
Entraînant dans ton sillage
Toutes les racines du mal.
Pour nous tenir compagnie dès l’orée de notre vie,
Ainsi tu parcours la terre
En azalées embaumées,
Où nos poussières te grisent,
Accaparant nos esprits,
Dépeignant dans ta clarté,
Sur le noir qui veut briller,
Subissant dans tes caprices des astuces camouflées.
Tes tentations et tes griffes
Font de nous tes prisonniers.
Mais ton repaire... par le feu cultivera ton néant.
TOUJOURS MEILLEURS
Sœur Marie-du-Carmel quitta
Lourdes avec une certaine inquiétude, car ce jour-là, Sœur Martine, malade
et ne pouvant remplir sa mission, lui en avait confié la charge.
En charrette attelée Sœur
Marie-du-Carmel partit donc ravitailler le couvent d’Argelès-Gazost,
emportant entre autres des paniers d’œufs pour les Sœurs de l’hospice de
cette ville.
La pensée de Sœur
Marie-du-Carmel vagabondait dans un fleuve d’eau vive jailli de son esprit.
Ce chemin et cette route l’emmenaient vers un havre de paix, au plus profond
de sa pensée... Suivant la route cahotante et les chemins caillouteux,
hérissés de cabosses, monticules déséquilibrant le chargement dans ce
parcours mouvementé... Au gré de ces perturbations, la charrette et son
attelage semblaient se changer en un bateau allant à dérive.
Cependant, les mulets avançaient
imperturbables sous les rênes de Sœur Marie-du-Carmel; elle les avait en
main, et son esprit presque en vacance méditait sur les malheurs des autres.
Enfin, elle priait pour que la paix revienne chez certains paysans, qui se
battaient souvent à coups de fourches pour consentir un passage sur leurs
terres.
Ces paysans grognons contenaient
en eux la haine de l’autre.
L’Évêque ayant eu vent de ces remue-ménage résolut de recourir à Sœur
Marie-du-Carmel pour réduire la discorde paysanne.
Avec ses mots d’apaisement elle leur disait “devenez meilleurs”. Ce fut
la raison pour laquelle on érigea cette statue car en ce lieu se
produisirent des miracles.
Devenez toujours meilleurs...
La charrette continuait d’avancer
le long du Pont-Neuf. Sœur Marie-du-Carmel méditait, sa pensée
vagabondait, allant tantôt vers les autres, tantôt vers l’endroit appelé
aujourd’hui le Pont de fer, au pont qui traverse le gave de Pau.
Il y avait de la magie sur ce chemin, incitation au rêve. Au charme du
paysage, une douceur suprême inonda son esprit. La beauté la comblait.
Passant le long du Pont neuf, elle confia sa charge à la Vierge. Auparavant,
une joie intense portait son élan, arrivée au lieu-dit
“l’Asticotière”.
La charrette avançait lentement
dans son crissement cahoteux. Subitement, elle bascula sur le bas-côté de
la route. La charge des vivres qu’on lui avait confiée chavira, et
s’éparpilla au sol. Reprenant ses esprits devant la dure réalité elle
réalisa la catastrophe. Un cri de détresse sortit de sa gorge.
Arrivant quand même à se relever
comme piquée par un ressort, elle commença à tout ramasser
consciencieusement. Alors, abasourdie, ne croyant pas ce qu’elle voyait, dans
la fièvre de l’empressement elle réalisa que les œufs étaient intacts,
ayant roulé comme des balles de ping-pong sans qu’aucun ne se soit cassé ! ! !
Sœur Marie-du-Carmel venait de vivre un miracle.
En signe de remerciement, en
cet endroit privilégié près du Pibeste, on érigea une statue à la Vierge
Marie pour commémorer ce miracle et rendre grâce à L’Éternel.
Tiré d’une
légende des Pyrénées
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♥ ♥ BOUQUET ♥ ♥
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Je badais dans ma gondole…
Ton bouton de rose rouge !
Contemplant leurs coloris,
rouges orangées jolies,
dans mes yeux tes pas s’affichent
marchant pour cueillir tes roses.
Tu as mis de la lumière
sur ma cheminée sans roses.
Dans ce bouquet de fragrances
Tu as mis tes souvenirs.
des roses blanches fleurissent,
se répandant dans notre vie.
L’image de ces pétales,
visitant mes feuilles blanches,
vient pour te dire merci, pour la rosée de ces branches.
Tu capteras leurs parfums,
pour faire revivre leurs vies.
Les vents porteront leurs images
lorsqu’elles seront fanées.
L’équilibre de la terre s’y renouvelle sans fin
et je veux te dire merci du parfum qu’elles m’ont laissé.
♥
À Léone, en remerciement pour ses
bouquets
PREMIÈRES PAGES DU ROMAN
Moi, Céline,
Je me trouvais assise, face à ma fenêtre.
J’étais perdue dans le fond de mes pensées. Je réfléchissais à la
manière dont je pourrais exprimer ces pensées, face à l’espace vivant.
Ces pensées venaient du fond des temps. Elles m’interrogeaient sur la vie
qui prévalait face à la grandeur de l’Univers, de l’Univers vivant.
L’espace s’était infiltré en moi et agissait comme un aimant. Sa métaphore
m’avait amenée jusqu’à un désir inconnu. Il me guidait sur des sentiers
nouveaux.
J’ai tourné mon attention vers l’espace aussi souvent que possible. Ne
pouvant me contenter de contempler cet océan d’idées, il me fallait le
transmettre, partager cette vision du ciel qui me brûlait comme un étrange
feu de braises et de lumière.
J’admirais cette révélation d’idées, mais d’être astreinte à l’écriture
rendait la situation étrange, compliquée.
L’espace, je l’entendais murmurer, comme une source fantastique d’idées,
chargée du savoir du ciel et pléiade d’éléments, dont je ne sais comment
ils m’étaient rendus manifestes.
Il y avait le savoir de la terre, le seul que je pouvais capter.
Ce spectacle divin, je le contemplais de la fenêtre de ma chambre. Il
envahissait mes songes, d’un savoir venu se livrer à moi de tous les signes
éparpillés dans l’espace libre et dans les livres. J’y savourais les contes
les plus exquis rendant grâce à la nature.
Toutes esquisses portent autant de souvenirs pénétrant la vie de l’espace.
Il a ses lueurs qui brisent autant par la joie que l’ivresse, pour surmonter
la vie de tous les jours. Je me devais d’y parvenir. De saisir
l’opportunité. Et plus le temps passait, et plus cette envie insistante me
tenaillait.
Je revenais tous les jours à cette irréalité réelle, et tous les jours
elle me tenaillait davantage, elle me prenait par la main et je devais la
suivre, je devais la transmettre.
Ce qui m’inquiétait le plus, était de trouver la manière, l’alignement de
lettres et de mots qui rendraient ces résonances descriptibles.
Ce qui se reflétait dans des investigations où la vie rêvée prend place
dans la réalité.
Je songeais aux racines de mon imagination, nourries du plaisir de l’espace.
Et Il déversait en moi les pratiques incalculables et informelles de tous
les acquis.
Était-ce un sens mystique qui se greffait en moi ?
Je mesurais la distance réelle qui me sépare de lui, la même qui le
sépare de la Terre.
Le ciel est seul possesseur de son savoir, et nous sommes dans son souffle.
Tout son intime traverse notre pensée.
Nous le touchons du doigt.
Et pour mieux comprendre l’étoffe de cette affaire, je me mets à la rêver.
Euphorique, en adulation...
Et je coche tous les signes d’entité.
LE RANGEMENT DU MONDE
Le monde se range parmi d’autres rangements.
Des outillages rangés tout le temps,
c’est un problème, important.
Il éclôt du pacte vis-à-vis de l’autre;
l’autre, cet autre paraît comme une main invisible
de l’autre.
Tym s’était convenu qu’il ne fallait pas bouger,
et tout cela,
n’avait qu’à rester à sa place. Mais ne pas changer
de place,
rester rangé, ne pas bouger,
et ne rien dire,
Tym l’avait compris.
Car l’autre,
cet autre était la main de l’autre.
Mais l’autre aussi a sa main... celle de l’autre.
Avoir la main ? Tym commençait à prendre conscience des proportions
aliénables
qu’incombait son statut,
celui de ne pas pouvoir bouger pour autant que l’autre le veuille...
Le voulait-il ?
Il aurait fallu prendre la main de l’autre.
Son amplitude lui donnait raison.
Un mouvement seul, aussi fort soit-il reste toujours rangé
sans la main de l’autre.
Tym s’arrange donc à déranger... ainsi comprit-il
que le désordre arrangé peut faire bon ménage
avec le désordre bien rangé.
L’histoire m’avait été racontée
souvent, sont principe était devenu le mien, les soirs de printemps. Toutes
les discussions venaient s’imbriquer les unes dans les autres, les grands
murs traversaient la route, et, depuis le ciel, Pluton se mit à écouter
notre langage.
Cris de joie devant la maison où
les enfants couraient à perdre haleine. L’odeur des rosiers se répandait
sur la fête, les enfants devenaient des étoiles filantes, et la planète
haut perchée sortait de son silence. Les arbres féeriques entendaient les
nouvelles et Pluton ouvrait des passages habiles. Les arbres attendaient une
nouvelle venue, le ciel était éclairci, et à travers ses hanches
s’exprimait le silence, celui des mots.
Les étoiles filantes bordaient le
silence de la nuit, la fillette entendait le chant s’exiler au détour du
ciel, bientôt les mots vont exprimer le silence, transformer les sons en
lumière. Les pas des passants attendaient les fêtes du village, l’odeur
enracinée du seringa faisait jouir la rue de sa présence. Elle était
immaculée, pétrie d’une blancheur suprême. Bientôt, la longueur des mots
allait se perdre dans l’espace.
Ce chant détourné en exil allait
devenir le peuple embaumé de langueurs chaudes, celles du silence, l’étoile
du fond cachait ses griffes et Pluton se mit à dormir.
LES BRAS D’ORPHÉE
Un voile se déchire, dans le recueillement de la nuit.
Cet homme va noyer sa vie
pour qu’enfoui tout reste dans l’ombre.
Ses habits vont s’envoler,
sa chemise se déchire, l’orage pourpre gronde
dans le sombre.
La foule le voit tomber, se pétrifie une seconde.
La lune embrase son corps, doré d’un blason profond.
Il roule dans le sable.
Dans les profondeurs de l’âme,
les chagrins ouvrent les vannes de larmes,
le vent passe du sable sur ses angoisses endormies,
le veilleur de la nuit laisse sortir des tombeaux.
Le calme joyeux défile, de fleurs enrobé,
lavé de pétales rouges.
Le jour va l’éveiller, pourpre se lever l’aurore enfin.
Dans les bras d’Orphée la belle fleurit sa tombe
avant le soleil couchant,
comprenant la stratégie des ombres.
SPOT SUR UN AU-DELÀ
C’était dans une rue interminable d’où j’arrivais enfin à m’échapper.
Ma pensée euphorique se voulait : en eux, en elle, en moi, en rien. Tout cela
semblait être un rêve qui pourtant restait en corrélation avec d’autres
lieux tombés en désuétude depuis que...
Depuis le jour, l’heure indiqués sur un feuillet, auxquels je devais me
rendre seule dans un lieu inconnu. Mais ce lieu mystérieux me proposait
d’apporter une acuité pour capter les faits y régnant. Lors de cet appel
tout mon être s’était fondu, pétri dans cette entreprise qui me
submergeait d’incompréhension. Cela me condamnait dans un enfermement
inimaginable, dont je restais douloureusement prisonnière, bloquée. Il me
semblait sortir de moi. Cet endroit était sans indices avec les
précédents. Une fenêtre étroite, fermée, engloutie sous la verdure qui
semblait soutenir les lieux... Cette image capta ma vue et resta circonscrite
dans cet encadrement, puis un vide parut m’absorber dans une contemplation
impérieuse qui m’éloignait encore plus. Cela était une douloureuse emprise
qui rugissait... férocement.
Ces lieux, cette rue, cette ville se jouait de mes pensées... était-ce
une blague ? Arrivée à ce qui pouvait ressembler à un hôtel, un étrange
personnage m’attendait et me signifiait un pacte secret...
Je me sentis prise en otage dans ces lieux étroits, et me rétractais en
me dirigeant vers une porte automatiquement surveillée par une caméra
mobile... Je me vis filmée, tous mes mouvements étaient comme traduits par
des signaux automatiques... Quelle étrange atmosphère...
Cela me faisait peur... comment accorder mon esprit de communication dans
cette mission où m’était subitement imposé un rôle d’émissaire ? Dans ces
instants, même les Ramblas de Barcelone m’apparaissaient si loin dans mon
souvenir, depuis que... Depuis qu’un commis m’avait tendu un billet sur
lequel un ordre m’était donné, libellé de sous-entendus inquiétants. Il
me fallait suivre un itinéraire ponctué de façon formelle, “qui serait
effectué dans un moment, mais pas dans un autre”. J’étais habituée à
des rencontres impromptues, voire insolites, par mon travail. Mais là, je
voulais fuir, ce qui est contraire à ma nature. Il me fallait savoir où
m’amenait cet étrange concept hallucinatoire qui me projetait dans une
opacité sans issue.
Aucune solution ne s’offrait à moi pour échapper à l’angoisse qui
montait vers cette étrange impasse... Trouver un segment de réel, qui me
relierait à des signes avant-coureurs pouvant éclairer ce lancinant
tintamarre discordant, lequel me crispait au point de ne pouvoir avancer
vraiment. Déambulant d’un côté à l’autre de cette rue interminable,
j’aperçus sur une porte le numéro “19”. Mais en m’avançant la porte
disparut. Après un temps incertain, m’approchant d’une énorme porte, au n°
19, celui-ci bien réel me semblait-il, car sur cette porte recouverte d’un
miroir, l’énorme glace me reflétait en m’attirant avec une sensation
annihilant toute mon énergie. Des spots m’y projetaient et me déformaient
de façon étrange. Figée, je ne souhaitais que la fin de ce déluge
d’images macabres. Des rayons m’envahissaient et m’oppressaient au plus
profond de mon plexus solaire. Tout était irréel, destiné à me rendre
vulnérable. Je voulais m’abstenir de regarder plus longtemps... Impossible,
il me fallait voir pour comprendre. Devant moi, un couloir comme un boyau
difforme, et plus loin une sorte de tête projetant des flammes, crépitant
comme une planète échappée de son orbite et s’approchant pour rejoindre
l’endroit sur lequel je restais clouée au sol, invisible... Pourtant
j’avançais mais les murs autour de moi se déplaçaient aussi,
j’accélérais, eux aussi... j’étais dans un soufflet de parois qui
m’absorbaient, à droite, à gauche, et vice-versa. Dans ce tube noir
j’étais aussi, me semblait-il, observée sans relâche. Il ne m’était plus
possible de me soustraire à cette entreprise fictionnelle.
Cet étrange personnage que j’étais censée rencontrer, je
l’appréhendais. À présent, j’étais sûre d’être suivie par des forces
dont le but était de tronquer mon mental au point de capter mes empreintes
génétiques... J’aurais voulu pouvoir me restructurer, sortir de cet état
démentiel.
Arriverais-je au point crucial prévu dans le message ? J’étais cependant
convaincue de pouvoir déjouer ce plan machiavélique, de confusion totale et
entretenue par l’idée de bien faire, dans ces méandres pervers, lugubres,
d’un autre monde.
Un langage de visionnaire me parvint dans ces arcanes d’où sortaient des
éclats de lumière en arcades, étincelantes sur un triangle de cristal où
s’affinait un globe comme un pendule en apesanteur. Ce phénomène
déclenché par des projecteurs fit basculer ma tête et ma forme initiale
parut se reconstituer... De là, je voulus fuir encore, me considérant
sacrifiée à l’autel d’une information fictive. Ma solitude, insupportable,
inhumaine, devenait ma terreur... Quelle solution ? Que faire ?
Enfin... Dans cet insolite, retrouvant mes esprits, je cherchais
rétrospectivement une explication. Ces reflets de glaces... Ces projecteurs
encore brûlants... Cet électrochoc, et puis voilà cet éclair de
révélation sur l’humanité obstruée virtuellement dans son évolution...
Est-ce un leurre ? Non.
Ne nous déshumanisons pas, gardons la sagesse et la raison, sans nous
laisser emberlificoter par les faisceaux des projecteurs restés allumés.
JE ME LÈVE
Le matin je me lève je cours
Je suis compétitif
Le matin je sors je pars je vais vite
Je suis compétitif
Le matin dans ma voiture j’accélère vite
Je suis compétitif
J’arrive à mon travail je commence je cours
Je suis compétitif
Je m’active me dépêche sans relâche
Je suis compétitif
À midi j’avale je me presse je ne m’assois pas
Je suis compétitif
Je reviens je m’installe je me dépêche cours
Je suis compétitif
Pas de café pas de cigare pas le temps de souffler je m’empresse
Je suis compétitif
Je continue je travaille des heures supplémentaires heures sans pourcentage
Je suis compétitif
Je m’arrête, je pars, les bouchons sur la route, je cours, prends les
courses, le pain
Je suis compétitif
J’arrive. Vous n’avez rien fait, bande de feignants ?
Moi je suis compétitif
Vite j’arrive je sors le linge la table le dîner la cuisine vite
Je suis compétitif
Tu t’occupes des enfants des leçons du bain tu les couches
Je suis compétitif
La nuit tombe je balaie j’étends le linge je fais la vaisselle prépare les
habits
Je suis compétitif
La soirée enfin je me couche je suis mort pas d’amour pas de femme pas de
mari pas de douceurs
je suis compétitif
La nuit tombe dieu merci
Je suis compétitif
Le lendemain ça recommence le patron est content
Je suis compétitif
☆ ★ ☆ ★ ☆ ★ ☆ ★ ☆ ★ ☆
☆ ★ ☆ ★ ☆ ★ ☆ ★ ☆ ★ ☆
Tous ces textes sont extraits du recueil du même nom, qui en compte bien d’autres.
© Maria TORRES
5 rue du Hautacam
65400 ARGELÈS-GAZOST
Dépôt légal : 4e trimestre 2007
Illustrations de Cécile TORRES
Postface de Léone BAZI
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